Notre histoire

« Tout seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin. »

Ce proverbe illustre le cheminement de la naissance de la Fourmilière. Il est constitué de tâtonnements, de remises en question, de débats.

Lors du premier semestre 2015, l’association stéphanoise Intervals associée à Zoomacom, pour qui l’écologie passe par des initiatives locales et solidaires, réfléchit à la création d’un supermarché coopératif, initialement prévu à la gare du Clapier.

Le 9 novembre 2016, la diffusion au Méliès-St François d’un documentaire Foodcoop consacré au supermarché coopératif de New York, Park Slope Food Coop permet d’informer le public du projet et stimule les volontés.

Le 6 décembre 2016, le projet est lancé. Une cinquantaine de Stéphanois(es), dont Lucienne Sévehon, Pierre-Edouard Garbe, Emeline Seyler, Frédérique Hupé, Gisèle Barriol, Pierre Guyonnet, Baptiste Lopez, Thomas Kaddouri, Sonia Roche, se réunissent régulièrement dans les locaux de Zoomacom (un espace d’échanges, d’informations et de travail).

Ils créent un collectif destiné à fonder le même type d’établissement à Saint-Etienne. Pour ce faire, ils consultent les structures similaires existantes en France et réunies dans une Intercoop (Superquinquin à Lille, La Cagette à Montpellier, La Louve à Paris, Chouettecoop à Toulouse).

L’ouverture en mars de la Biennale du Design de 2017, qui a pour thème l’avenir du travail, se révèle être un puissant stimulant. En effet, l’association répond à un appel à projets de Juan Gandulfo, designer et d’Olivier Morel de Rue du développement Durable : établir, pendant la biennale, une épicerie éphémère associant un mode de livraison de clients en véhicule doux.

Mi-février 2017, le Supermarché Coopératif de Saint-Etienne, érigé en association le 31 janvier 2017, n’a pas encore de nom mais dispose d’un local de 375 m2 au 48 rue de la République pour ouvrir, tester et perfectionner les modalités de fonctionnement.

L’effervescence règne pendant les trois semaines précédant l’ouverture : c’est l’occasion de rédiger une charte fixant les principes de fonctionnement. L’Atelier et Chantier d’Insertion du  Parc de Montaud (ACI) contribue avec les bénévoles à l’aménagement des lieux à l’aide d’un mobilier constitué de palettes. Mobilier qui reflète l’esprit de cette initiative : économe, fonctionnel et simple. Le magasin SuperCagette, géré par l’association Intervals, fournira les produits locaux et bio via sa plateforme d’achats au Supermarché coopératif. Les membres de l’association gèrent les lieux, accueillent les clients et forment les bénévoles.

Ouvert le 11 mars 2017, le magasin éphémère rencontre très vite un succès phénoménal pendant le mois de la Biennale : ouvert de 11 à 21 heures, le supermarché coopératif est un espace d’achats et un tiers-lieu. En effet, une partie du local (350 m2) abrite un supermarché et un bar associatif qui propose tous les midis des plats (dont vegan, végétarien) préparés par des entreprises et associations locales. Des intervenants extérieurs peuvent présenter leur structure dont l’ACI Montaud, Zoomacom, le Lien (MLCC42)… Enfin, il accueille des expositions, des vernissages, des espaces de massage.

Rien de moins que 450 personnes adhèrent à l’association dont 150 personnes actives qui jouent un rôle dans la tenue du magasin.

Toutefois, l’expérience est émaillée d’un différend. Lors du forum du 30 mars, SuperCagette et l’association SCStEt constatent une divergence de points de vue sur la tenue, la gestion démocratique et humaine du supermarché. L’association se retire, à contre-cœur, de la gestion et l’animation de ce dernier.

Néanmoins, cet incident est l’occasion de tirer les premières leçons de cette expérience inaboutie : définir un schéma de gouvernance, établir un partenariat clair et précis avec les soutiens et les partenaires commerciaux, clarifier le rôle et la participation de chacun au sein de la coopérative, construire un schéma d’inclusion et de formation des adhérent(e)s. Au final, le collectif n’en sort que plus soudé et décidé.

L’assemblée générale du 9 avril et les forums des 25 avril et 17 mai 2017 sont des réunions « de renaissance ». Une soixantaine de personnes relance le projet qui se concrétise par le renouvellement du bureau de l’association avec élection sans candidat, la constitution de sous-groupes de travail (approvisionnement, animations, local, communication, finances, informatique).

Ce retour d’expériences rassemble et structure les énergies en vue de donner naissance à un établissement commercial  conforme aux premiers vœux, c’est à dire répondant aux principes de base d’un supermarché coopératif, un magasin dans lequel seuls les coopérateurs peuvent faire leurs courses et participent à la tenue du magasin à hauteur de 3 h toutes les 4 semaines.

Le forum du 25 octobre est l’occasion pour  Laurent Grégori et le groupe communication de faire le bilan d’une enquête sur l’identité graphique sur le ScStEt, des propositions de nom et de faire le choix du nom : La Fourmilière. Laurent Grégori,  Léa Quesnot, Pierre-Edouard Garbe en élaborent le logo, une fourmilière à la forme de crassiers créé en linogravure.

Le nom est dévoilé publiquement lors du Salon Tatou Juste du 26 novembre 2017.

Le groupe Approvisionnement élabore une première gamme de produits, démarche des producteurs, des fournisseurs et se subdivise en sous-groupes.

En Janvier 2018, le groupe coordination, le bureau de l’association, passe un week-end d’études et d’intégration. Ce temps passé en commun permet à ses membres de s’approprier les outils d’une gouvernance partagée, de souder anciens et nouveaux membres et de faire collectivement front face aux aléas et difficultés qui auront nécessairement lieu avec la naissance et la croissance de la future coopérative.

Lors du week-end de Pâques, du 31 mars au 2 avril 2018, 4 fourmis, Léa Quesnot, Frédérique Hupé, Pierre-Edouard Garbe et Benoît Perrot participent à l’Intercoop (réseau des supermarchés coopératifs existant) organisée à Montpellier. A cette occasion, 33 supermarchés, ouverts ou en projets se réunissent, partagent leurs expériences et créent des liens.

Le forum du 30 mai 2018 valide le travail de réflexion et de définition des statuts de la coopérative et l’ébauche d’un budget prévisionnel.

Le 27 juin 2018, Chloé Singer est élue présidente du conseil coopératif (l’équivalent d’un conseil d’administration), lors d’une élection sans candidat, traduisant la transformation du groupe coordination en conseil coopératif. C’est le point d’orgue de la formalisation de la future coopérative puisqu’il faut contacter des soutiens (Intercoop, un réseau des supermarchés coopératifs – l’URSCOP, Union Régionale des scop) et démarcher des soutiens financiers.

En juillet 2018, c’est la vente des parts sociales de la coopérative auprès des premiers coopérateurs .rices.

Le 18 septembre 2018, c’est la signature d’une promesse de bail d’un bâtiment sis au 19, rue Nicolas Chaize. Il s’agit d’une ancienne entreprise textile Thuasne. Le 9 janvier 2019 est signé le bail et la remise des clefs.

La création officielle de la coopérative (29 coopérateurs) et l’ouverture de son capital ont lieu le 28 Septembre 2018.

Le nombre de coopérateurs atteint le nombre de 100, puis à la mi-décembre 2018, passe à 200.

Le 14 janvier 2019, les premiers travaux d’aménagement au sein de l’ancienne usine démarrent afin de la configurer en un local commercial.

Lors de la première Assemblée Générale de la société coopérative La Fourmilière, le 2 mars, deux nouveaux membres du conseil coopératif sont élus, et les 29 premiers coopérateurs.rices. agréent les 234 dernières souscriptions.

Le 1er avril 2019, l’ouverture du magasin La Fourmilière et le recrutement d’une première salariée concrétisent tous ces efforts.

Au 27 juin 2019, le forum enregistrait le chiffre de 465 coopérateurs.rices.